Sherifa Ziat ou Madame double casquette, tantôt apprenante en alternance, tantôt chargée de projet pour l’alternance !

Sherifa Ziat ou Madame double casquette, tantôt apprenante en alternance, tantôt chargée de projet pour l’alternance !

L’OFFA a accueilli, en son sein, Madame Sherifa Ziat, étudiante stagiaire dans le cadre d’un master en sciences du travail, en alternance, à horaire décalé. L’Office remercie cette collaboratrice pour son précieux concours et a souhaité lui donner la parole pour dresser un bilan de son expérience dans l’alternance en tant qu’apprenante mais aussi en tant que membre de l’OFFA, chargée du projet « cartographie ».

Sherifa, pouvez-vous expliquer brièvement à nos lecteurs comment s’articule ce master en alternance ?

Depuis septembre 2016, l’ULB organise son premier master en alternance à horaire décalé.

Il se donne sur deux ans et sur ces deux ans, nous avons à faire deux stages qui doivent durer entre 80 et 120 jours par an.

C’est dans ce cadre-là que je fus stagiaire à l’OFFA entre décembre 2016 et mai 2017.

Ce master au cursus pluridisciplinaire a pour objectif de former des spécialistes en organisation et gestion du travail en leur offrant la possibilité d’obtenir un diplôme universitaire de deuxième cycle et d’acquérir, par la formation en entreprise, des compétences professionnelles.

Voulez-vous bien retracer à nos lecteurs votre parcours professionnel jusqu’à votre décision de prendre part à ce master en sciences du travail et en alternance ?

Je suis titulaire d’un graduat en droit, à la suite duquel j’ai travaillé en tant qu’employée en agence bancaire durant une dizaine d’année pour embrayer ensuite vers le secteur de l’assurance où j’ai occupé la fonction de gestionnaire de production et sinistres.

S’en est suivie une période d’inoccupation au cours de laquelle les offres d’emplois ne correspondaient pas à mes attentes. J’ai alors souhaité donner une autre orientation à ma vie professionnelle. S’est posée alors l’éventualité, pour ce faire, de passer par une formation.

C’est alors que j’ai reçu une invitation de la part du FOREM pour assister à une séance d’information à l’ULB (Campus de Charleroi) à propos du master en sciences du travail, en alternance, à horaire décalé.

J’ai décidé de prendre part à ce programme car il est de niveau universitaire et permet, en marge des cours théoriques, de se former en entreprise.

En quoi était-ce important pour vous de vous former aussi en entreprise ?

L’enseignement universitaire permet d’acquérir un esprit critique en plus de bénéficier de cours de qualités dans la branche choisie. Une immersion en milieu professionnel permet de mettre en œuvre les concepts rencontrés, de les confronter aux réalités du terrain. A titre personnel, une formation supplémentaire était intéressante et ce master en alternance m’a permis de me replonger dans le monde du travail, car celui-ci a évolué depuis mon dernier contrat. Cela permet aussi de mettre à profit mon expérience et d’acquérir de nouvelles compétences. J’ai évolué, par le passé, dans le secteur de l’économie, pour des employeurs privés, via mon stage à l’Offa, j’ai découvert le secteur public et ses spécificités.

Quelles missions ont été effectuées lors de votre stage au sein de l’OFFA ?

Au cours de ma formation pratique à l’OFFA, j’ai collaboré à un projet de cartographie reprenant les offres de formations qui permettent l’accès au dispositif des clauses sociales en Wallonie.

L’outil cartographique consiste en un dispositif interactif permettant d’identifier, à partir de la base de données, l’offre de formation en alternance par bassin, par code postal ou par région, également par métier ou grappe de métiers ou selon l’opérateur.

Le but de cet outil est de faciliter le travail des entreprises qui souhaitent répondre à un « besoin de stagiaires ». Ceci en offrant une visibilité géographique de l’offre de formation en alternance (notamment dans le cadre des marchés publics pour répondre aux clauses sociales) par métier. Cela permettra le choix du dispositif le plus adapté aux besoins de l’entreprise et, lorsque l’outil cartographique sera créé, l’information sera plus accessible pour les acteurs concernés.

Pendant mon stage, il m’était également demandé de seconder des chargés de projets dans le cadre des travaux de création d’un nouveau site Internet pour l’OFFA et d’une plateforme unique et interactive de l’alternance.

Comment envisagez-vous votre avenir professionnel à l’issue de ce master en alternance ?

Mon souhait, à l’issue de ce master, est de pouvoir intégrer un département de formation continue au sein d’une entreprise ou d’une institution publique, en tant que conseillère en orientation ou en formation.

Pourquoi cet attrait pour le monde de la formation ?

Il s’avère que dans le cadre de quelques heures de stage relatif à des études passées, j’ai pu dispenser des cours sur la gestion des paiements à des apprenants de CEFA. Cette expérience dans l’enseignement m’est apparue très intéressante.

De plus, dans le courant du premier trimestre 2016, j’ai participé à un atelier de recherche active d’emploi, et selon les différents tests d’orientation effectués, les résultats convergeaient tous vers la formation et l’accompagnement.

Quel serait l’avantage, selon vous, pour une entreprise de recourir à un apprenant en alternance et à le former en son sein ?

Via une étroite collaboration entre les centres de formation/ d’enseignement et les entreprises, il est possible de former l’apprenant en vue d’acquérir les compétences nécessaires pour un emploi visé. A la fin de son parcours en alternance, l’apprenant peut être complètement opérationnel selon les réalités du terrain. Pour les entreprises, il s’agit d’un point très positif.

Enfin, après cette expérience, en tant que chargée de projet à l’OFFA, quel regard portez-vous sur l’alternance?

Je pense qu’il y a lieu d’inclure, dans les cursus scolaires de l’enseignement secondaire jusqu’au master, une période d’immersion pour tous les types d’études. La mise en pratique de la théorie est, selon moi, élémentaire et l’alternance, comme méthode d’enseignement/ de formation permettrait de remplir cette fonction. De plus, recourir à l’alternance permettrait de déterminer avec plus d’exactitude quel métier est réellement celui que l’on désire faire, elle aurait donc un rôle intéressant à jouer en matière d’orientation en marge de permettre l’acquisition de savoir, de savoirs faire et de savoir être, essentiels sur un plan professionnel comme privé.