Témoignages écrits

Témoignages- jeunes

Apprendre en alternance est  une alternative au système de plein exercice qui offre aux jeunes la possibilité de tâter le terrain.

Au gré de ces quelques témoignages, nous vous livrerons des réponses susceptibles de vous éclairer par rapport à la thématique qui nous occupe.

 

Pourquoi choisir l’alternance ?

Certains voient l’alternance comme une alternative valorisante au plein exercice :

Matthieu, ancien élève en boucherie-charcuterie au CEFA de Gosselies :

« (…) Je n’aimais plus l’école de plein exercice. La formation en entreprise permet d’avoir certaines responsabilités, de pouvoir gérer ma vie, d’acquérir une certaine expérience. De plus, on entre de plein pied dans le monde du travail ».

D’autres la voient comme un moyen de partir à la rencontre des réalités de la vie :

Fabienne, ancienne apprenante en toilettage canin à l’EFPME-IFAPME, Bruxelles- Liège :

« Je n’aimais pas l’école et je voulais me lancer dans la vie active. »

Yves, ancien élève couvreur du CEFA d’Arlon :

«(…) Je voulais réellement faire autre chose que l’école, travailler.»

D’autres encore sont avides de notions concrètes :

Damien, ancien apprenant en auxiliaire en administration d’accueil au CEFA de Fontaine-l’Evêque :

« (…) Ici, la formation est ciblée sur ce qui nous sert, c’est différent de l’enseignement général où certains cours ne nous semblent d’aucune utilité.»

Certains rêvent d’indépendance :

Jérôme, ancien apprenant, formation chef d’entreprise,  technicien audio-visuel à l’IFAPME :

« (…) La formation en alternance permet d’associer la formation de terrain, en entreprise, et les cours de gestion, indispensables pour devenir un jour Indépendant.»

Enfin, certains y ont développé le sens des responsabilités :

Nadia, formation chef d’entreprise, Agent immobilier, SFPME (EFPME), Bruxelles :

« (…) Dans l’alternance, on apprend à gérer son temps, son argent. On n’est plus du tout dans le milieu étudiant mais plutôt dans le monde actif.»

 

Deux lieux de formation : les cours théoriques et pratiques en centre, la pratique professionnelle en entreprise :

Les cours et l’entreprise sont deux éléments complémentaires menant l’apprenant à la réussite :

Geoffrey, ancien apprenant CEFA en mécanique industrielle :

« Les cours sont nécessaires. Ils constituent la base de tout ce que l’on voit à l’usine. Toutefois, sur le terrain, nous parvenons à voir les détails qui sont impossibles à percevoir lors des cours théoriques. A l’école, nous n’avons pas le temps de tout voir alors qu’à l’usine, ce sont des choses habituelles.»

Kevin, ancien apprenant apprenti, peintre en bâtiment, IFAPME :

« (…) Les cours (en centre de formation) sont essentiellement basés sur les aspects administratifs pour nous montrer tout ce dont nous aurons besoin dans l’exercice de notre profession ».

David, ancien apprenant en restauration, Centre IFAPME de Limal :

« J’ai deux jours de cours par semaine – les lundis et les vendredis – ce qui n’est pas énorme. L’horaire me plaît, j’ai des cours pratiques et des cours théoriques avec de la culture générale. Mon patron-formateur tient compte de ces deux journées et adapte mon horaire. Ainsi, quand j’ai cours, il me laisse la soirée qui précède pour étudier. »

Fabienne, ancienne apprenante en toilettage canin à l’EFPME-IFAPME, Bruxelles- Liège :

« Un client m’a un jour amené un chien qui avait de l’eczéma, plutôt que de le toiletter immédiatement, j’ai signalé au patron qu’il y avait un problème de peau et le chien a été envoyé chez le vétérinaire(…) C’est aux cours professionnels que la prof nous a expliqué ce qu’il fallait faire dans ces cas-là.»

 

Une semaine type dans l’alternance :

La proportion de jours passés en centre et passés en entreprise varie selon les branches et les formules choisies :

Comment se déroule une semaine type ?

Mathieu, ancien apprenant en boucherie-charcuterie au CEFA de Gosselies :

« A la base c’est deux jours au CEFA et trois en entreprise. En ce qui me concerne, c’est un jour de cours avec des maths, du français, des sciences et des cours basés sur le métier, et quatre jours en entreprise. Je prends aussi des cours de remédiation (…).»

Kevin, ancien apprenant apprenti, peintre en bâtiment, IFAPME :

« Deux jours en centre de formation et trois jours sur chantier. (…) Les lundis, mercredis et jeudis, je suis sur chantier, les mardis et vendredis en centre de formation(…). »

Fabienne, ancienne apprenante en toilettage canin- apprentissage puis formation chef d’entreprise à l’EFPME-IFAPME, Bruxelles- Liège :

« (…) Les cours professionnels en apprentissage n’étaient organisés qu’à Liège (centre IFAPME de Liège) et les cours généraux à l’INFAC à Bruxelles (devenu entretemps le centre EFPME) : j’allais donc une journée entière toutes les deux semaines au Centre Liégeois pour apprendre les bases du toilettage et une fois par semaine à l’INFAC à Uccle pour les cours généraux. »

 

Témoignages- entreprises-employeurs

Pourquoi prendre des jeunes apprenants en alternance au sein de son entreprise ?

Philipe, Groupe Favier, Directeur administratif financier chargé de la surveillance de la comptabilité et de la fiscalité.

« (…) Nous avons beaucoup recours à la formation, nous sommes conscients qu’il faut passer par-là. Nous avons aussi conscience de l’importance de la formation. On reproche souvent aux entreprises de ne pas prendre de jeunes.»

Christophe, patron, indépendant, couvreur, ancien apprenant de l’IFAPME

« (…) Il y a une importante pénurie de main d’œuvre dans les métiers du bâtiment et en couverture en particulier. Ce n’est pas évident d’y remédier, car le secteur est exigeant. C’est un métier ou l’expérience est essentielle et la formation en alternance est le meilleur moyen de se former.»

« (…) On assure l’avenir de la profession en formant des collaborateurs qualifiés (…).»

Est-ce facile de prendre un apprenant dans son entreprise ?

Michel, patron indépendant, restaurateur de peintures de chevalet, formateur à l’IFAPME en  conservation restauration de peinture de chevalet

« (…) D’un point de vue pratique, c’est un peu de travail administratif en plus (ONSS). Au début, cela demande un peu de temps et d’attention, mais ensuite, c’est le plaisir de voir l’évolution des compétences et de l’initiative du jeune.»

Thierry, patron d’un restaurant, Verviers

Au niveau de la procédure pour accueillir des apprenants en entreprise : « Très facile, d’autant plus que l’entente avec les écoles est parfaite. Celles-ci viennent voir régulièrement ce qui se passe sur le terrain. Je trouve ça très bien.»

Philipe, Groupe Favier, Directeur administratif financier chargé de la surveillance de la comptabilité et de la fiscalité.

« Administrativement, il n’y a aucune difficulté, tout est fait pour faciliter et améliorer l’intégration. (…) Pour l’instant, nous n’avons connu aucun problème pour prendre quelqu’un.»

 Les avantages de prendre un apprenant dans son entreprise ?

Patrons-apprenants : une relation win-win :

D. Morelli, dirige  un centre de distribution de matériel informatique

Au sujet des avantages d’accepter un jeune en alternance : «  (…) j’en vois au moins trois. Le premier est l’avantage du regard neuf. Un jeune qui vient travailler trois jours semaine nous apporte sa vision, qui est proche d’une partie de notre clientèle. Même lorsque les gens viennent en famille, les jeunes ont souvent une connaissance plus pointue des programmes et des nouveautés technologiques. L’autre avantage est que ces jeunes, bien initiés aux nouvelles technologies, peuvent ainsi nous apporter leur aide, et au fur et à mesure de leur formation, leurs compétences dans le domaine. Enfin, le troisième avantage : le fait d’encadrer un apprenant nous oblige à une certaine pédagogie. En quelque sorte, cela rompt  notre routine et nous permet un recul par rapport à nos activités quotidiennes, aussi bien au plan technique qu’au niveau des contacts avec la clientèle.»

Christophe, patron, indépendant, couvreur, ancien apprenant de l’IFAPME

« (…) Avant de créer sa propre activité, il faut acquérir une certaine expérience. Des jeunes peuvent avoir, dès 23-24 ans, une expérience considérable par le biais de la formation en alternance.»

 

Témoignages- formateurs

Les cours au service de la pratique ?

Madame Lien, formatrice (connaissances générales) en français, IFAPME, Limal

« Ce ne sont pas des cours ex cathedra. J’introduis des sujets qui intéressent les jeunes et des exercices qui sont en lien avec leur métier et qui sortent du commun. En troisième apprentissage, par exemple, je fais des jeux de rôle. J’essaie aussi de les faire travailler en groupe.»

Formateurs-apprenants : une relation win-win :

Philippe, formateur (cours professionnels), mécanique, IFAPME, Charleroi

« (…) Pour être un bon formateur, il faut bien entendu une connaissance approfondie du domaine et être capable de transmettre son savoir et savoir-faire. (…) Je suis disponible pour répondre à leurs questions : s’ils ont un problème en journée sur un véhicule, ils savent qu’ils peuvent m’en parler pour trouver une solution. (…) Si je transmets un maximum de connaissances, j’apprends aussi beaucoup de mes apprenants ! »

A relation triangulaire, bénéfices triangulaires :

Pierre, professeur de pratique professionnelle section couvreur dans un CEFA (Arlon)

« (…) Je retravaille mes cours tous les ans, pour coller aux évolutions du secteur et donner aux élèves les meilleurs outils. Il arrive d’ailleurs qu’un de mes élèves fasse changer de point de vue son patron sur certains aspects techniques. C’est gratifiant pour eux, mais aussi pour moi.»

David, professeur de gestion, enseigne la comptabilité dans un CEFA

« Il y a une complémentarité (entre les formations en Centre et celles en entreprise). Les accompagnateurs assurent le suivi, servent de lien, et dans l’ensemble, la collaboration se passe bien. Il arrive que l’employeur demande au jeune de réaliser certaines choses. Ce dernier répercute cette demande auprès du professeur qui l’intègre dans son cours. Nous travaillons main dans la main pour le bien du jeune. »

 

Les témoignages présentés au sein de cette section de notre site proviennent de l’ouvrage : «  Le guide de la formation et de l’enseignement en alternance », une initiative Sysfal, Ifapme et Siep, année 2007.

Les témoignages de Nadia et Fabienne ont été recueillis par Altis.