Témoignages Trophée de l’alternance 2013

Nous vous invitons à prendre connaissance, ci-dessous, d’un témoignage émanant du CEFA Institut St Roch de Marche-en-Famenne ayant participé à la dixième édition du Trophée de l’alternance consacré au secteur de l’électricité:

Dixième trophée de l’Alternance : les métiers de l’électricité – 15 mai 2013

Septième P maintenance d’équipements techniques- CEFA Institut St Roch

 

Envisager de participer à un concours  comme le Trophée de l’alternance est toujours une gageure. Les élèves ont-ils les compétences ? Les moyens financiers et techniques sont-ils disponibles ? Le temps ne va-t-il pas manquer ? Et puis, il y les cours et les matières à assumer… Bref, est-ce bien raisonnable ?

 Premier retour, première surprise. Les élèves sont « chaud boulette » comme ils aiment le dire. C’est déjà un bon point. Reste à mettre en marche la machine scolaire…

 Quelques réunions plus tard, ça y est : aval de la direction, budget débloqué, locaux de travail disponible (merci Bernard pour nous avoir supportés). Il faut juste s’y mettre.

 S’y mettre, oui mais que faire ? Le cahier des charges est précis mais en même temps très large. On peut faire tout et son contraire. Alors ? Palabres, hésitations, confrontation entre élèves (c’est aussi cela, l’apprentissage de la citoyenneté) et puis la solution ! Demandons aux élèves de l’option Arts de nous proposer des projets sous forme de maquettes. Jean-Yves s’y attelle et malgré un retard dans la livraison de la maquette gagnante, l’équipe peut enfin se mettre au boulot.

 Se mettre au boulot… 7 électriciens,  3 électriciens automobiles et 2 maçons dans le même local toute la journée, cela en fait des étincelles et des « coup de jus ». Entre le volcanique Romain, le volubile Brice, les besogneux Martin et Andy, les pères tranquilles Arnaud, Maxime et Quentin (« çà va aller, ‘sieur. »), les modélistes appliqués John et Maxime (travail d’orfèvre sur micro-pierre) et les experts de la récup’ de Monsieur Vidick que sont Imran, Julien et Nyco, on est souvent passé tout près du pugilat.

 Mais le travail avance et on voit peu à peu apparaître le résultat. Les ambitions aussi s’installent. Les gars s’étonnent de la qualité du boulot : ils veulent aller plus loin. Le temps manque ? « Pas de problème, ‘sieur : on reste  jusque 18h00 ! ». Même Romain ne boude plus.

 Et puis le jour fatidique arrive. Demain : départ Bruxelles. On fait une longue la veille (22h00) et on se lève tôt le lendemain (6h00 à l’atelier) pour fignoler les détails. On s’inquiète un peu : comment tout mettre dans la camionnette mais au final tout rentre et on part.

 12h00 : il nous reste 5 heures pour tout monter et s’assurer que tout fonctionne. Je suis dans le doute. Le raccordement n’a pas pu être vérifié à l’atelier et on n’a pas testé le vélo qui alimente la pièce autonome en énergie. Il y a beaucoup à faire et peu de temps. La concurrence s’installe aussi et les projets sont tous au plus intéressants. Des maisons poussent partout : on se croirait à Batibouw. Et chez eux, tout fonctionne…

 17h00 : plus le temps mais le boulot n’est pas fini. Les raccordements m.r.ent mais on ne peut pas s’en occuper aujourd’hui. Demain, il faudra arriver tôt. D’ailleurs les gars insistent : « on va y arriver ‘sieur ! ». Je fais mine d’y croire mais je crains une désillusion.

 Bruxelles, Tour et Taxis, 15 mai 2013, 7h00 : le grand jour. Annick, notre coordonnatrice, est venue nous supporter. Le petit déjeuner gracieusement offert est engouffré en quelques secondes. Il faut finir. Nous ne sommes pas les seuls. La prise de terre oubliée est mise en place. Les raccordements au boîtier fonctionnent. Zut ! Des fils ont été inversés : les commandes ne correspondent plus. Les gars chipotent, crapahutent au-dessus, en-dessous. Le temps passe. Les juges viennent aux nouvelles. Il faut finir et on finit sur le fil.

 Viennent les épreuves : quelques erreurs de montage par-ci, par-là mais rien de grave. Brice tchatche et les juges sont conquis. Le vélo ne marche pas : la courroie nous lâche et on manque de jus. Heureusement, les gars sont irréprochables sur la théorie et parviennent à expliquer à défaut de montrer.

Maxime réussit haut la main les épreuves de recherche de panne domestique. Les architectes sont surpris de la qualité de la maquette : je les vois repasser « pour le plaisir ». Les visiteurs commentent l’installation. On s’attarde sur la domotique mise en place. Nos chances semblent avoir grandi. Mais on n’est pas seuls. Il faut attendre la décision des juges.

Attendre, attendre… Un peu long car il faut encore tout ranger pour rentrer à Marche-en-Famenne. Mais le bonheur est au bout. J’entends le nom de notre CEFA cité pour la première fois : je n’y crois pas, Annick sourit, les gars se demandent que faire. « On doit monter sur le podium, sieur ? ». Et sur le podium, ils vont y monter : prix du jury, prix de l’originalité et du design, prix de l’économie d’énergie, prix du diagnostic technique et premier prix ! Les sourires figés deviennent francs. La fierté est là. Ils ont gagné.

Nous aussi, on a gagné. Car après tout, on fait le métier pour cela. Pour voir des jeunes se dépasser, tenter des expériences, élaborer des projets, les concrétiser en surmontant les difficultés et devenir de vrais adultes et des professionnels accomplis. On se dit que tout le travail mis en place depuis des années a porté ses fruits et que somme toute, on fait le plus beau métier du monde.

 ROLIN C., Accompagnateur